Agro pastoralisme

Sans aucun doute la spécificité la plus remarquable des civilisations alpines, l'agro-pastoralisme (ou civilisation de l'herbe) s'est développé dès l'occupation des hautes vallées (à partir du 11ème siècle). En effet, les premiers habitants de notre vallée, arrivés à la même époque que les premiers moines, étaient des pasteurs. Venus avec leurs troupeaux, ils durent composer avec le climat (hivers longs et rigoureux avec beaucoup de neige, étés courts). Ils décidèrent donc de faire suivre à leurs troupeaux la poussée de l'herbe.

 

Ainsi naquirent les célèbres alpages, situés à différentes altitudes et occupés à différentes périodes de l'été. La population se déplaçait également au rythme des troupeaux, délaissant la maison de village pour les chalets d'alpage du mois de juin aux premières neiges. L'hiver, les troupeaux enfermés dans les étables se nourrissaient du foin récolté sur les rives herbeuses les plus escarpées, aux quatre coins du territoire tout au long de l'été.

 

 

Les métiers artisanaux

Obligés par l'isolement à fonctionner en autonomie quasi-complète, les sizerets se firent tour à tour bûcherons, scieurs, menuisiers, charpentiers, forgerons. Ils apprirent à fabriquer le fromage, à conserver la viande.

 

Plus tard, certains se firent colporteurs, parcourant chaque hiver les routes d'Europe. A l'image de nombreux habitants de la vallée du Haut Giffre, de Taninges à Sixt Fer à Cheval, d'autres encore devinrent tailleurs de pierre, délaissant leur village durant de longs mois pour construire en Suisse, en France, en Allemagne et ailleurs des églises, des hôtels de ville, des fortifications...

 

Aujourd'hui encore, ce savoir-faire se retrouve chez de nombreux habitants qui, pour vivre au rythme des saisons, pratiquent la pluri-activité: moniteur de ski en hiver, menuisier au printemps et en automne, gardien de refuge en été...

 

 

Gastronomie savoyarde

Le Savoyard mangeait pour vivre et ne vivait pas pour manger... Cet adage vaut également pour le sizeret. La cuisine était rustique, faite pour "tenir au corps". Ce n'était pas une cuisine de nantis car, avant la transformation de la Savoie en région touristique et industrielle, le Duché était un pays pauvre dont les hommes devaient s'expatrier durant l'hiver pour subvenir aux besoins de leur famille. Comment s'alimente t'on dans un pays pauvre ?

 

On achète le moins possible à l'extérieur, on utilise ce que l'on produit soi-même et on ne laisse rien perdre. L'alimentation locale sera donc à base de porc salé (on garde les bovins pour les vendre au maquignon durant les foires d'automne), de fromage et de laitage, d'où la place importante tenue par les gratins dans la cuisine régionale. La pomme de terre est apparue en Savoie près d'un siècle avant qu'elle ne soit connue en France voisine. Les repas "de tous les jours" étaient le plus souvent composés d'une soupe de légumes du jardin dans laquelle on ajoutait parfois un morceau de lard ou un peu de lait. Les paysans mangeaient la soupe avec du fromage, de préférence de la tomme.

 

La vigne ne poussant pas à cette altitude, la boisson des jours de fête était du cidre. L'été, les bergers se nourrissaient de sérac, fromage maigre obtenu à partir du petit lait, réservant le fromage pour l'hiver. Les spécialités vinrent bien plus tard, souvent inspirées des plats économiques ancestraux : les fondues et autres raclettes que l'on faisait autrefois pour terminer les chutes de fromage en sont les témoins actuels.

 

 

Fabrication de fromages :

Découvrez la fabrication de la Tomme de Sixt à 1800 mètres d'altitude, à l'alpage de Salvadon!

Goûtez à la ferme et découvrez également la fabrication de fromage de chèvres, à l'alpage des Praz du Mont ou des Praz de Commune!

Notre terroir
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