Le Patrimoine

UN PETIT PATRIMOINE PARSEMÉ SUR UN VASTE TERRITOIRE

Le patrimoine de Sixt est immense et particulièrement riche. Il s’ouvre sur les Gorges des Tines, l’abbaye, la Cascade du Rouget, pour se refermer sur le Cirque du Fer-à-Cheval et le Cirque des Fonts. Tout au long de ces trajets, greniers, croix, oratoires et chapelles illuminent ces parcours pour celui qui sait les voir. 9 chapelles (7 de villages et 2 en alpages), 53 oratoires, 104 croix et 44 bassins et fontaines sont aujourd’hui recensés. En tout, le territoire de Sixt-Fer-à-Cheval compte près de 200 édifices ayant trait au petit patrimoine religieux. Ce petit patrimoine est souvent érigé en pierre et date généralement du 17ème siècle. Il témoigne du travail minutieux des tailleurs de pierre locaux.


                     

Sur l’ancien chemin de Sales, avant la sortie du village de Salvagny (en direction de la Cascade du Rouget) vous pouvez admirer la croix et l’oratoire sculptés par François-Marie Mugnier, signés de l’angelot spécifique à cet artiste. Ces édifices sont souvent les témoins d’événements passés (la plupart du temps malheureusement tragiques) tels que:


• L’oratoire du Creux du Pont qui relate l’éboulement de Tête Noire en 1602, éboulement ayant rayé de la carte le hameau d’Entre deux Nants (57 victimes)

• La croix de Salvagny, témoin de l’émotion suite à l’incendie de 1912 qui a frappé ce village 

• La chapelle de Nambride emportée par le Giffre puis reconstruite au Molliet témoigne également du tumulte du torrent.

La Fontaine de Saint-Ponce

La Fontaine de Saint-Ponce était un lieu de pèlerinage annuel où l’on transportait la “chasse du Bienheureux Ponce” accompagné par l’évêque, le clergé et toutes les jeunes filles du village au voile blanc: les enfants de Marie. Cet oratoire a été réalisé par le maître tailleur Pierre Moccand à la mémoire du Bienheureux Ponce. Il nous plonge dans l’art naïf populaire. Sur la pierre taillée nous percevons au sommet une colombe aux ailes déployées tenant en son bec une couronne. Au milieu de l’oratoire se trouve un cœur entouré d’une couronne d’épines d’où sortent trois pensées dominées par l’œil de Dieu:

• “D.V.T.” Dieu voit tout
 

• “I.P.T.” Il peut tout        
                                                                                                           
• “I.N.A.” Il nous aime

• Suivi de “Q.M.S.D.L.D.J.” Qui me séparera de l’amour de Jésus.

Dans la niche figurent Marie, Jospeh et l’enfant Jésus, au-dessous on peut lire : “MGR rendu accorde 40 jours d’indulgence à ceux qui diront un pater et un ave devant cet oratoire 1844”. Sur la partie inférieure se dresse le buste de Ponce, de chaque côté duquel est inscrit : “Bienheureux Ponce, Fondateur de Sixt, priez pour nous"



 

LE PATRIMOINE RELIGIEUX

Le patrimoine religieux de Sixt-Fer-à-Cheval compte l’église abbatiale dont la partie la plus ancienne est datée du milieu du 13ème siècle. L’Église Sainte Marie-Madeleine faisait partie de cet ensemble abbatial dont le cloître a malheureusement disparu lors d’un incendie. Le trésor de l’abbaye est particulièrement émouvant, ce n’est pas tant par le nombre et la richesse des objets conservés que par la qualité, l’ancienneté et la fragilité de certains d’entre eux.


L’abbaye de Sixt

Il est de coutume dans le village de dire qu’avant les moines, il n’y avait rien à Sixt. Au 12ème  siècle, ce petit fond de vallée, à la jonction de deux torrents, le Haut et le Bas Giffre, appartient au seigneur du Faucigny qui se plaît à y venir chasser. En 1130, le Comte et Seigneur du Faucigny, Aymon Ier, dit “Le pieux”, voulant manifester sa piété et sa religion comme la majorité des seigneurs de l’époque, fit don à l’abbaye d’Abondance des terres de Sixt (un territoire vaste, encore sauvage et inhabité). Cette donation s’effectua sous le gros frêne (coupé au début du 19e siècle), à l’emplacement du tilleul actuel. Ponce de Faucigny (le frère ainé d’Aymon Ier) qui accomplissait alors son noviciat à l’Abbaye d’Abondance, fut envoyé à Sixt pour créer une abbaye. Ponce jeta les fondements d’un monastère au confluent des deux Giffres au lieu-dit “La chapelle”. Un bien mauvais choix car les débordements successifs du Giffre obligèrent les premiers colons à changer d’endroit pour l’actuel. C’est là que furent érigés la première chapelle et le monastère. Ponce de Faucigny fut désigné comme premier abbé dès la fin des travaux en 1144. À la fin du 15ème siècle, le mode d’élection du premier abbé change, et vont se succéder à la tête de l’abbaye des moines qui ne vivent pas sur place et se contentent d’encaisser leurs revenus ; la vie religieuse tombe en décadence. C’est seulement en 1603 que l’arrivée de François de Sales, évêque de Genève, vient remettre de l’ordre dans tout cela. Pour preuve de son passage, ses armoiries sont gravées dans le plafond du réfectoire de l’abbaye, qu’on peut encore voir aujourd’hui. C’est la période révolutionnaire qui met fin à l’existence de l’abbaye en tant que telle, avec la dispersion des chanoines et la vente des possessions comme “biens nationaux”. L’abbaye devient par la suite école, auberge de diligences puis hôtel dès le début de l’histoire du tourisme à Sixt-Fer-à-Cheval. L’édifice est inscrit au titre des monuments historiques en 1997 et est désormais propriété du Conseil départemental de la Haute-Savoie. Notre abbaye, grande dame si discrète, que l’on devine à peine en traversant le bourg renferme toute l’histoire du village. Encore aujourd’hui en cours de rénovation grâce à plusieurs programmes européens associant la commune de Sixt et le Conseil départemental de la Haute-Savoie, elle mérite une réelle mise en valeur et une place centrale dans la vie Sizère.

     

 

LE CARROUSEL SAVOYARD : LE MANÈGE AU BOIS TORDU

C’est en 1869 que Pierre-Marie Moccand voit le jour à Nambride dessus. Issu d’une famille au patronyme répandu, il héritera du sobriquet donné à son père, à qui l’on vante des qualités de bon chanteur à la chorale paroissiale. Très tôt, Pierre au Merle va connaitre les valeurs du travail, à travers une éducation rigoureuse. À une époque où la vie en montagne est rude, là où bon nombre de ses concitoyens s’exilent dans les grandes villes à la recherche d’un travail plus lucratif, Pierre au Merle, lui, pense qu’il pourra gagner sa vie en restant dans la vallée en créant un commerce destiné à une nouvelle clientèle: les touristes. C’est alors que l’aventure commence...
 
Un jour, une visite aux gorges du Fier, près d’Annecy, est pour lui un déclic. Si un site comme celui-ci est capable d’attirer des visiteurs, il doit en être de même pour le torrent tumultueux du Fontany. Proche de la nature et désireux d’en faire découvrir toute la richesse, il imagine un cheminement le long de la cascade qu’il commence très vite à tracer à coups de pioche. Dans un même élan, il construit son fameux carrousel en utilisant des bois tordus qu’il se plait à collecter dans les forêts avoisinantes. Erigé en premier lieu au-dessus du haut-fourneau, il décide rapidement de le déplacer dans une remise, au bas du torrent et au bord de la route. Dorénavant, le carrousel sera relié à une roue à aubes, entrainée par la force de l’eau du torrent. La remise est très vite agrandie pour accueillir ce qu’il appellera le “musée des merveilles de la nature”, où il exposera les objets qu’il fabrique, là encore à partir de ce qu’il trouve aux alentours: bois, feuilles, pommes de pin, mousses, fleurs, pierres, etc. Certaines de ses compositions seront mises à la vente. Petit à petit, Pierre au Merle concrétise un à un ses multiples projets: souvenirs, épicerie-café, musée, location meublée, atelier de réparation de vélo et petite mécanique. Sur la route du Fer-à-Cheval, la maison Moccand devient alors incontournable. Voyant affluer de plus de plus de touristes, et parmi eux de grands noms, il se met à éditer ses propres cartes postales. Si la plupart de celles-ci sont de paysages bien sûr, Pierre au Merle photographie aussi ses concitoyens qu’il met en scène.
 
Prenant exemple sur les grands magasins, comme la Samaritaine à Paris, il donnera beaucoup d’importance à la publicité de son établissement et des curiosités alentours, en disposant son enseigne sur les toits de façon bien visible, en réalisant des affiches, en traduisant ses cartes postales en anglais... Le temps passe et Pierre au Merle se voit vieillir. Il espère bien entendu que ses descendants sauront prendre la suite de ses affaires mais ces derniers n’entendent pas reprendre le flambeau du paternel. Pierre au Merle mourra en avril 1942, et avec lui, la Maison Moccand. L’ensemble de la bâtisse devra être démonté au début des années 1980 lorsqu’il s’agira d’élargir la route du Fer-à-Cheval. Le carrousel, ainsi que d’autres objets du musée, seront confiés à l’association des amis de la Réserve naturelle. Dès lors, il est envisagé de faire revivre le manège mais le projet reste de longues années en attente. Les travaux n’ont débuté que l’année dernière, et c’est avec l’énergie de quelques bénévoles que le carrousel de Pierre au Merle a pu repartir de l’avant durant l’été. Un grand merci à Maurice Deffayet qui a remis en état les engrenages, confectionné la roue à aubes ainsi que le petit canal en bois. Ce patrimoine qui reprend vie n’en reste pas moins fragile.

 
 
 
 
Office de Tourisme de Sixt-Fer-à-Cheval
Maison de la Montagne
Place du Tilleul
74740 Sixt-Fer-à-Cheval

Tél. : +33 (0)4 50 34 49 36
E-mail : ot@sixtferacheval.com
Sixt-Fer-à-Cheval
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Grand Massif Destination
Savoie Mont-Blanc
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